“Ma sœur a failli se barrer du tournage après que je me suis emporté lors d’une scène”

L’acteur et humoriste revient au cinéma avec un deuxième film très personal, Reste un peu. Il y raconte sa fascination pour la Vierge Marie et l’annonce de son désir de conversion à ses parents, juifs morocains, qu’il dirige à l’écran.

Treize ans après Coco, l’homme de scène et de cinéma réalise un deuxième film audacious, surprising and personal. Dans Reste un peu, autofiction dans laquelle il dirige sa famille, il raconte sa fascination pour la Vierge Marie et l’annonce de son désir de conversion à ses parents, juifs morocains. L’occasion pour lui de lever certain taboos et d’inviter les communautés à se découvrir en bonne intelligence.

In video, Reste un peula bande-annonce

Mon état d’esprit du moment?
Serein. J’ai conscience de jouer avec le feu avec ce film sur la foi, mais je ne me suis pas censuré. Il n’a par ailleurs rien d’un plaidoyer pour la conversion. C’est le récit de ce que j’ai vécu : une ouverture vers le christianisme, nourrie d’une profonde judéité. Il ya les films qu’on a envie de faire et les films qu’on a besoin de faire. Celui-ci était une necessité.

En quoi cette œuvre résonne-t-elle dans ma vie ?
Il ya quelques distorsions, mais tout part de ma découverte, gamin, d’une statue de la Vierge alors que j’entrais dans une église malgré l’interdit. Ce n’était pas une expérience mystique mais emotionalle. Un appeasement total.

Parler de moi en promo…
Ça m’amuse au début, quand le chewing-gum a du sucre et que je suis encore frais !

Langue de bois or langue trop déliée?
Entre les deux. Je veille depuis longtemps à la façon dont j’articule mon discours pour qu’il ne se retourne pas contre moi. Je n’ai pas envie de prendre des coups ou que mes proches en receive. Je suis entre la sincérité et la maîtrise, even if this film confronts me à la vérité: il n’autorise aucune posture, aucun mensonge.

Un élément de langage à placer?
Un mot : la mariologie. C’est l’étude de la place de la Vierge Marie but, à cause de sa consonance, les gens pensent que je déconne quand je l’utilise.

Bon à la première prize?
Non, mais l’accepter a pris des années car j’avais peur de freiner tout le monde, d’être jugé, que le cinéaste regrette… J’ai régulle ce complexe en voyant de grands acteurs se planter aussi à la première prize.

The best and the worst partners?
Je ne connais rien de plus dur que de tourner avec ses parents, dans le rôle de ses parents. Être directive avec eux est contre nature. Quand une scène ne marchait pas et que ma mère voyait mon impatience, ça la peinait… Paradoxalement, ils ont aussi été les meilleurs partenaires du monde, avec un sens de la comédie formidable. Comme je les connais par cœur, s’ils parlent faux, je le sens tout de suite.

Mon secret de tournage?
Ma sœur, qui a toujours été mon garde-fou, a failli se barrer du tournage après que je me suis porté lors d’une scène. Ma famille n’était là que pour me faire plaisir, jouer n’est pas leur métier et, dans le feu de l’action, je l’ai oublié un court instant.

Mon meilleur film est-il forcément le dernier?
Non, sauf celui-ci. Avant, j’étais très soucieux des entrées, mais là, même si j’espère qu’il marchera, l’essentiel est ailleurs, dans le dialogue qu’il engendrera. C’est le manque d’ouverture entre les communautés qui creé des problématices sociales ou qui empêche de combattre l’obscurantisme. Aussi délicats soient-ils, certains sujets ne doivent plus être cachés sous le tapis.

La question que je redoute…
Je n’ai aucun taboo, mais j’ai vraiment l’impression d’avoir raconté mille fois mon départ du Maroc, l’arrivée au Canada puis en France… On a bien fait le tour de la question.

Un malentendu sur moi?
Que Gad Elmaleh ne serait pas mon vrai nom.

La dernière fois où j’ai été fier de moi ?
J’ai honte de l’avouer, mais ce matin, après avoir fait ma séance d’élastique alors que j’étais fracassé.

Rest un peu de Gad Elmaleh. Sortie le 16 novembre.

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