deux beaux films sur le “mal de mère”

« Les enfants des autres »: l’amour en fuite

Elle n’est pas du genre à se bercer d’illusions, mais n’empêche… Rachel, la quarantaine et en souffrance de ne pas avoir d’enfant, est enivrée par sa rencontre avec Ali, un homme séduisant qui élève en solo sa fille de quatre ans : Leïla. L’héroïne qui, jusqu’alors, faisait mine de s’accommoder de son existence de célibataire entre son boulot de prof, ses amis et ses ex, tombe raide amoureuse de son nouvel amant, qui le lui rend bien.

Après quelques mois d’une liaison sentimentale et sensuelle brûlante, Rachel rencontre aussi Leïla et se prend d’une affection folle pour cette gamine, au point de la chérir comme si elle était sa propre fille. Ce qu’elle n’est assuredment pas et ce que Leïla, parfois, rappelle à Rachel au détour d’un mot ou d’un geste de rejet qui foudroient l’héroïne… Rachel a beau aufcheller une lucidité à toute épreuve quant à son statut, elle ne peut s’empêcher de souffrir de la place ingrate qu’elle occupe dans ce trio entre son mec avec lequel elle s’imagine “refaire sa vie” et cette fillette tant aimée et parfois si cruelle sans s’en apercevoir.

Le personnage de « belle-mère » rarely deserves a place in cinema and, when it is the case, clichés en rafale accompany souvent the representation of the cell that seems condemned to the role of marâtre mal intentionnée or de silhouette anodyne perdue dans le fond du decor. Dans Les enfants des autresRebecca Zlotowski (Grand central, Une fille facile) évite ces écueils et met en scène avec une infinie sensibilité les torments de ses personnages, constraints de composer avec leurs frustrations, leurs manques, leur lacheté parfois. Rachel avec son « mal de mère », Ali avec sa peur de s’engager et les autres protagonistes, dont la « true » mère de Leïla, avec leurs contradictions en pagaille.

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Avec une rigueur et un art de la suggestion qui rappellent parfois les fictions de Claude Sautet, Rebecca Zlotowski, bien aidée par ses deux acteurs principaux (Virginie Efira et Roschdy Zem), signe un film qui réduit en bouillie les figures imposed du drama psychologique et qui s’impose comme l’un des sommets de l’année du côte du cinéma français.

Sortie le 21 septembre

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« Le xième enfant » : à perdre la raison

Change radical d’univers dans cette sociale fiction àpre inspired by a novel by Alain Jaspard: Pleurer des rivières. Dans son premier film, Léopold Legrand met en scène Franck, un ferrailleur, et Meriem, sa compagne, qui appartienten à la communauté des « gens du voyage » et habitent dans une caravane installede sur un terrain vague.

Affligé par des conditions de vie plus que précaires et “encombré” par la naissance à venir d’un xième gamin, le couple, suite à des délits commis par Franck, rencontre Julien et Ana, un couple de jeunes avocats qui se déséspère de ne pas pouvoir donner naissance à un enfant. Au risque de perdre la raison du côté d’Ana pour qui cette absence est becomeu une obsession destructrice. Entre ces deux duos que tout oppose, un « deal » a priori unpensable voit le jour. Avec des conséquences dramatiques pour chacun des personnages.

Avec un tel sujet, on pouvait legitimately redouter un défilé de surenchères tearmoyantes. Bonne nouvelle : Léopold Legrand évite le blackmail aux grands sentiments et signe un film qui se distingue par sa secheresse, son sens de l’ellipse et sa feroce description de deux univers sociaux soumis aux lois de l’offre et de la demande, jusque dans la sphère la plus intimate.

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Fort heureusement, le film ne réduit aucun des personnages au rang de pantins ne servant qu’à illustrer les péripéties du scenario, façon cas sociologiques. Chacun a ses raisons ici – des bonnes et des mauvaises – et si le cinéaste met en scène l’abjection du « marché » conclu entre son couple désérité et son duo d’avocats petitinant les lois, il ne néglige en rien les psychologiques troublés endured par les quatre personnages, remarquablement incarnés par Judith Chemla (Meriem), Damien Bonnard (Franck), Sara Giraudeau (Anna) et Benjamin Lavernhe (Julien). Un film pas de tout repos, certes, mais qui donne à réfléchir.

Sortie le 28 septembre

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