Critique film: “Athéna” by Romain Gavras

Affaire Critique. Dans son billet critique quotidien, Lucile Commeaux porte son regard tranchant et pétillant sur un objet culturel.

Aujourd’hui, “Athena” le dernier film de Romain Gavras à découvrir sur Netfix à partir du 23/09

The third feature film by Romain Gavras was rather well received at the Mostra de Venise where it was projected, des affiches ont fleuri partout dans la ville announcing his exit, he was supported and admired apparently also well by the rapper Jay Z que par Edwy Plenel, the founder of Mediapart. Un vaste spectre de crédibilité, qui me laisse pantoise voire même qui me fait tomber de ma chaise. Jay Z et Edwy Plenel ont-ils vraiment regardé Athena comme un film de cinéma, avec une forme qui fait sens, et n’ont-ils pas vu les vices dans cette forme? Ça me paraît peu creyable, car ce film est à mon avis malhonnête et mauvais, dans tous les sens du terme.

Alors qu’est-ce qu’Athéna ? C’est une cité d’un quartier populaire qui s’embrase, filmée comme dans un péplum, une epopée sur-place composée de longs plan séquences dont la virtuosity displayed est bien davantage de la technicité, avec des fumigènes dans tous les sens, des plans au drone, et par-dessus une musique d’opéra lyrique et pompeuse. Romain Gavras s’est fait connaître en 2008 avec un clip ultra violent où il filmait les méfaits d’une bande de jeunes, et Athéna en est le prolongement, à savoir un gros clip sorti sur plateforme qui esthétise – ce n’est déjà pas de très bon goût – les suites d’une pretendue bavure policière. Un jeune homme est mort et ses trois frères reagissent. Le premier part en guerre, attaquant avec ses sbires un commissariat puis holding la cité comme un fort. Le second, militaire revenu du Mali, tente d’apaiser le quartier, et le troisième, dealer bien sûr, essaie surtout de preserver ses petites affaires. Apparemment c’est une tragédie grecque, mais cette structure hyper-artificielle maintient difficilement l’intérêt ; ce qui le maintient, à la rigueur c’est le rythme et l’ultra-violence des combats de rue, une représentation des banlieues qui comme on le dit gentiment pose question.

Inconsequence politique dans la forme

On pense à Bac Nord, de Cédric Jimenez, sorti il ​​ya peu, et qui avait défrayé la chronique, mais à côté d’Athéna, Bac Nord c’est Marius et Jeannette. Gavras va bien plus loin dans la dehumanisation. La foule est constitutée de deux troupeaux: les guerriers tous en même survêtement indistincts, et les civilians, mamans en foulard et vieux musulmans confus. Even the heroes, constituted by this trio of brothers, are briefly elaborated. Apparemment ces gens-là ne sont pas capable de parler, de se parler – on comprend à peine ce que disent les acteurs qui vocifèrent et hurlent des insults en permanence. Un film qui maltraite ses personnages, en général, c’est le signe d’un problème éthique de représentation. Bac Nord, c’était un film police, filmé du point de vue de la police, ça ressemblait un peu à un tract pour un syndicat des forces de l’ordre, mais on était prévenu. Athena is incoherent. A la fois il prétend à une sorte d’abstraction – avec cette cité imaginaire, une esthétique vaguely dystopique de jeu vidéo, et en même temps il fait signe vers le réel: des lieux sont cités qui sont de vraies banlieues du 93, les discours politiques à la télé sont ceux qu’on entend regimenté, les CRS sont des CRS.

Cette incohérence formalle est le signe d’une profonde inconséquence politique et cette inconséquence est largely partagée quand il agit de représenter la jeunesse pauvre et racisée de France. Je veux bien creire que Gavras croit souterin une forme d’insurrection nécessaire – I even read it on the cover of the magazine “Athéna L’insurrection qui vient”, in reference to a small book signed by the invisible committee, a collective of the gauche insurrectionnaliste – mais son film fait l’inverse, il fait le service d’ordre. Athena met en images un fantasme de la droite et de l’extrême-droite, ce famous “ensauvagement” – d’ailleurs, catastrophe absolue du scenario, on nous montre vite que la pointe advancede de la révolte sociale, c’est l’ islamisme radical, incarné par un fou de Dieu revenu de Syrie. Je ne vous parle même pas du twist final qui vient, s’il en était besoin, pulverizer tous nos doutes, en détruisant totalement la legitimité première de cette violence qui se déchaîne sur petit écran. Ce qui est sûr c’est que Romain Gavras sait faire des clips, et là on n’est pas très loin du clip de campagne.

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