à l’affiche de “Canailles”, François Cluzet “assume son côté voyou” et raconte sa “revanche sociale”

Actor, François Cluzet is remarkable for his performances in numerous films Vive la sociale! de Gérard Mordillat (1983), L’Été meurtrier de Jean Becker (1983), Les Apprentices de Pierre Salvadori (1995), L’adversaire by Nicole Garcia (2002), À l’origine de Xavier Giannoli (2009), ou encore Untouchables d’Éric Toledano et Olivier Nakache (2011). Il a été césarisé pour son rôle dans Ne le dis à personne, de Guillaume Canet en 2007.

Le cinéma, certes, mais aussi et d’abord le théâtre. Ce sont vraiment les planches qui sont sans doute le plus beau refuge qu’il ait eu dans sa vie. François Cluzet is at the poster of the film Canailles by Christophe Offenstein, with whom he already worked for the film En solitaire in 2013.

franceinfo: Canailles est l’adaptation d’un livre que vous aviez lu, que vous avez passé à votre voisin. Et ça lui a vraiment tout de suite inspiré un film avec vous.

François Cluzet: Oui, c’est en lisant ce roman de Iain Levison, Une canaille et demie que je me suis dit: tiens, ça, c’est un film. Je vais le faire lire à Christophe Offenstein, le metteur en scène, et lui aussi a trouvé qu’il y avait des personnages.

‘Canailles’ is an actors’ film! C’est une comédie policière donc il ya beaucoup de fantaisie, que ce soit de la part de José Garcia, Doria Tillier ou de moi-même. Il y avait plein de choses à inventer, plein de choses pour s’amuser.

François Cluzet

à franceinfo

L’histoire est celle d’un braqueur qui rencontre un prof d’histoire sans histoire. L’un est complètement anarchiste, il est contre le système, l’autre il est complètement dans l’uniformisation du système. C’est marrant parce que ce personnage que vous incarnez, il est libre, il a beaucoup de vous. You have always been free…

J’ai eu de la chance. Il faut de la chance pour être libre. Souvent, je parle de mon enfance qui n’a pas été vraiment très drôle. Et quand je le fais, c’est par impudeur, mais c’est aussi pour explicer la résilience, puis m’addresser aux enfants ou aux adultes qui ont eu une enfance difficile et de leur dire : on peut s’en sortir. Bon, parfois il faut se faire aider par un psychoanalyst, ça a été mon cas, ou par des amis. Cette liberté est attachante dans ce métier et c’est pour ça que j’ai eu la chance de passer du drama à la comédie, du théâtre au cinoche. Ce qui fait que je ne me suis jamais lassé parce qu’autant j’adore être ridicule, faire rire parce que je suis ridicule et autant j’aime retrouver des émotions que j’ai enfoui comme tout le monde et les ressortir, le cinoche est aussi un peu une thérapie.

Vous rêviez à quoi enfant alors ?

Enfant, j’avais une revanche sociale à prendre, donc j’avais beaucoup d’ambition. Je voulais à tout prix sortir de mon milieu qui était misérable affectively but also socially, pending une period.

François Cluzet

à franceinfo

Je rêvais d’être acteur, je rêvais d’être connu. Je n’avais aucune confiance en moi donc je pensais aux filles et me disais : jamais je n’arriverai à faire sourire une fille, je suis trop petite, je suis trop moche. Et puis il n’y avait pas de miroir chez nous. C’est mon père qui nous élevait et je ne l’ai jamais entendu nous faire un compliment sur notre physique, ce qui se comprend, mais toutefois, je me suis dit : il faut que je monte une marche, autrement je n’aurai pas la vie dont je rêve

Votre parcours est finalement une projection d’espoir. Celui d’un petit garçon qui manquait d’amour, qui manquait d’affection, qui n’avait pas confiance en lui, qui ne s’aimait pas parce que c’est de cela dont il s’agit. Est-ce que vous avez appris à vous aimer avec le temps?

Oui, ça a été long. Un jour, je tournais avec Gérard Depardieu une première scène. Il marchait vers un wagon et moi j’étais sur le quai de la gare. Avant de rentrer dans le wagon à 50 mètres de moi, il se retourne : “François, t’es comme moi, tu t’aimes pas !” Et ça m’a choqué et je me suis dit, mais il a une translucidité ce gars-là ou quoi ? Et finalemente, ce qui m’a permis de m’apprecicer, c’est le regard de ceux qui m’ont aimé. Dès que vous êtes aimés, vous vous demandez si la personne est dingue ou si vous avez quelque interêt à être aimé. Et finalement, l’amour vous donne cette force, cette confiance de vous dire “Si je m’améliore, je deviens aimable”.

Vous doutez par moments?

Oui. Sans arrêt. Surtout sur mon inculture. On me parle d’un film que je n’ai pas vu, on me parle d’un bouquin, je cours l’acheter. On tente tous d’échapar à notre ignorance. On ignore notre potential, on ne l’exploite pas et on n’est jamais convinci du peu de savoir qu’on a donc le moindre livre, même une petite anecdote de rien du tout peut faire rêver. C’est l’imagination qui nous fait vivre.

Donc en fait, vous avez un petit côté canaille assumé ?

Ah oui, mais vous savez, je l’ai été, dans la revanche sociale. Oui, oui, j’ai été voyou. A 15, 16 ans, il y en avait marre, surtout de cette boutique qui était dans le septième arrondissement, et comme vous le savez, à Paris, le septième, c’est très riche. Donc quand vous êtes petits artisans-commerçants, à un moment donné, les gens que vous voyez défiler, ils vous font envie. Et donc ça donne envie de sortir de la legalité en vous demandant comment je peux tromper mon monde pour avoir de l’argent de poche?

Ça veut dire que les cours Simon qui sont arrivés quand vous aviez 17 ans vous ont sauvés?

Oui. Quand je suis arrivé au cours Simon, en poussant la porte, en mettant ma main sur la porte, j’ai eu une espèce de révélation que ma vie allait changer. C’est complètement dingue, mais il ya quelque chose d’assez spirituel. Et puis après, en entrant, j’ai vu qu’on était 250 dont 200 filles, et pour moi qui avait été élevé entre mon frère et mon père, c’était une révélation! A mon époque, à l’école, il n’y avait pas de filles dans les classes. C’était une revélation, car rien que de voir les girls sur scène jouer, comment elles étaiten, on les voyait mieux que dans la vie puisqu’elles étaiten surélevées par l’estrade et, ça aussi, ça a été été une révélation de joie , de se dire “Tiens ma vie commence !”.

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